| Gérard Desquand, Président des Grands Ateliers de France |
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L'Observateur de Monaco - Octobre 2010 Gérard DESQUANDLES GRANDS ATELIERS DE FRANCE ORGANISENT, DU 20 AU 24 OCTOBRE, UNE EXPOSITION À L'HÔTEL PORT PALACE ET BAPTISÉE « HORS LES MURS À MONACO ». UN ÉVÉNEMENT INÉDIT. LES EXPLICATIONS DU PRÉSIDENT DES GRANDS ATELIERS DE FRANCE ET VICE-PRÉSIDENT DE L'INSTITUT NATIONAL DES MÉTIERS D'ART. « Nous sommes un vecteur de l'art du patrimoine, mais ne sommes pas tournés vers le passé » Que sont précisément les Grands Ateliers de France ? Il s'agit d'un groupement de personnes qui travaillent la matière et réalisent des objets d'art représentant leur propre pensée. Leurs créations se caractérisent par le fait qu'il s'agit généralement de pièces uniques réalisées sur-mesure et personnalisées. Elles reflètent un art de vivre et sont fabriquées selon des techniques traditionnelles. Les Grands Ateliers de France regroupent actuellement 62 membres représentant 62 métiers. L'une des spécificités qui démontre cette exigence de qualité que nous avons réside dans le fait que, pour y entrer, il faut être coopté et que, chaque année, si l'on ne répond plus suffisamment aux critères imposés, nous sommes susceptibles d'être exclus du groupement. L'accent est donc mis sur l'éthique et la remise en cause permanente. Quelques mots sur l'événement que vous organisez en principauté ? Il s'agit d'une première dont l'objectif principal consiste à créer un échange. C'est pourquoi la manifestation sera ouverte au public, gratuite, et chacun pourra parcourir ce chemin artistique de manière agréable. Le visiteur pourra donc discuter avec les exposants. C'est pourquoi, je dirais qu'il ne s'agit pas simplement d'une exposition mais d'un lieu de découverte culturelle. Le profil de visiteur que vous attendez est donc le plus large possible... Tout à fait. Nous voulons ouvrir les portes. Il n'y a ni âge requis, ni argent à verser pour venir nous rendre visite, précisément parce que nous sommes habitués à travailler dans nos ateliers et qu'au travers d'une telle manifestation, nous voulons faire découvrir nos créations. Il n'y a donc pas de but marchand ? Toutes les pièces seront à la vente avec des prix allant de 1.500 à 45.000 euros environ. Mais, nous n'avons effectivement pas de démarche commerciale. Simplement la volonté de faire découvrir et connaître ce que nous faisons. Est-il exact que le cahier des charges imposé aux exposants pour pouvoir participer à cet événement était de créer une pièce spécifique et unique pour l'occasion ? Oui. D'ailleurs, je vais vous rapporter une petite anecdote qui m'est arrivée lorsque je suis venu à Monaco préalablement à l'exposition, au début du mois d'octobre, et qui prouve toute l'importance de présenter des pièces uniques. Venant de Paris, je me suis déplacé en avion. J'ai voulu apporter la pièce que j'allais exposer pour la dévoiler aux équipes qui nous aident à organiser l'événement. Mais le personnel de sécurité de l'aéroport ne voulait pas me laisser embarquer à bord de l'avion avec cette pièce qui pouvait présenter certains bords contendants. Les agents m'ont alors proposé de le mettre en soute, ce que j'ai refusé en raison de sa fragilité et de sa valeur. La situation semblait bloquée jusqu'au moment où je leur ai présenté mon travail et indiqué qu'il s'agissait d'une pièce unique. Ils ont alors commencé à la regarder de plus près et se sont intéressés à ce travail. Leur compréhension les a conduits à, finalement, accepter de me laisser embarquer avec la pièce... Cette anecdote démontre aussi qu'il est nécessaire d'expliquer notre travail. Ce qui permet également de mieux comprendre comment vous vous différenciez des produits de luxe industriels... Nous sommes complémentaires. Il s'agit d'une autre vision de l'art de vivre qui se distingue largement de celle que l'on retrouve dans le produit de luxe de haut de gamme. Certains de nos membres sont Meilleur ouvrier de France dans leur discipline. Nous nous situons vraiment dans un secteur qui ne peut être comparé à celui de l'industrie. Pourquoi ce choix de Monaco pour organiser ce premier événement ? Notre travail repose sur la tradition des techniques pour faire naître des objets souvent très actuels voire modernes. Or, Monaco se situe au carrefour de cette tradition, au travers d'une histoire bien ancrée, et du futur car il s'agit d'un pays lui-aussi très moderne. Cela nous a paru intéressant. Par ailleurs, nous avons choisi le Port Palace précisément pour son aspect contemporain qui n'enferme donc pas nos pièces dans le passé. Comment est née l'idée de ce type d'événement qui constitue une première pour les Grands Ateliers de France ? Par l'intermédiaire de la société monégasque Be Exclusive dont le responsable, Bruno Lavagna, est un ami de deux de nos membres. Habitué à organiser des événements, il nous a proposé cette idée à laquelle nous avons rapidement adhéré. Entre la naissance du projet et l'exposition, il se sera déroulé un peu plus d'un an. Après Monaco, d'autres lieux ? Si cet événement se déroule comme nous l'espérons, il pourrait déboucher sur d'autres manifestations. Rien n'interdit d'ailleurs d'imaginer des expositions de ce type qui aillent au-delà des seuls Grands Ateliers et qui feraient intervenir des institutions. Tout cela reste à envisager. Vous êtes donc dans une réelle démarche de communication auprès du public... Nous devinions l'image que nous véhiculons. Les Grands ateliers de France se sont donc dotés, depuis cette année, de l'appui d'une société de communication avec un programme sur trois ans. Le premier ressenti de ces professionnels, qui confirme ce que nous pensions, c'est que l'image de notre métier s'avère un peu ancienne. Or, s'il est vrai que certains de nos membres font de la restauration, la plupart sont avant tout dans la création et donc la nouveauté. Nous sommes un vecteur de l'art du patrimoine, mais ne sommes pas tournés vers le passé. PROPOS RECUEILLIS PAR GEORGES-OLIVIER KALIFA |







Gérard DESQUAND